Transphotographiques 2005

La Chronique d’Antoine

18 mai 2005 

Du beau, du bon, du… 
Pour certains, les Transphotographiques n’ont réellement débuté que samedi soir, avec l’exposition rituelle à l’atelier Hollevout. Un réel succès, basé sur un concept simple : regarder des photos sympa (de bonnets) et boire quelque chose de chaud.

Les gens ne sont pas sérieux : on leur demande un autoportrait avec un bonnet, et ils mettent tout de suite des casquettes, des cagoules, des bobs, un truc en plastique pour la piscine, un morceau de soutien-gorge ou même rien du tout. Heureusement ça ne gêne pas Philippe Hollevout, qui a organisé l’exposition. Il faut dire que l’année dernière, le sujet imposé était l’harissa et c’était pire.  » Les gens racontaient des histoires, déliraient, n’importe quoi. C’est pour ça que j’ai décidé de les recadrer un peu avec ce concept d’autoportrait  » résume le maître de maison. Mais au fait Philippe, l’idée du bonnet elle vient d’où ?  » j’ai rencontré une jeune fille qui met toujours des bonnets, et un jour elle m’a offert un bonnet, voilà « . De toute façon l’essentiel pour la galerie Hollevout c’est de  » montrer qu’on peut vivre la photo très simplement, mélanger professionnels et amateurs  » et se retrouver autour d’un bon verre de soupe.

Anges et bonnet D 

Ensuite, le jeu consiste à essayer de retrouver les photographes, d’après leur cliché, dans la galerie bourrée de monde. Damien Jacob, qui n’avait jamais participé à une expo, a l’air plus relax que sur son image. C’est parce que  » c’est dur de régler l’appareil et tout, alors j’étais un peu crispé tu vois, en appuyant sur le truc. » On croit reconnaître Nathanaëlle Leschevin, raté, ce n’est pas elle. Mais celle qui n’est pas Nathanaëlle nous présente Claire Fasulo, qu’on n’aurait jamais reconnue car elle est de dos sur la photo, avec des ailes d’ange. Pourquoi un ange, Claire ?  » Comme être humain je me trouve fade. En plus j’ai du mal à montrer mon visage. De dos avec des ailes ça va mieux.  » Les anges, à propos, ce n’est pas exactement le parti-pris de Caroline David et Béatrice Meunier. Et ce ne sont pas des catherinettes, car elles n’ont rien sur la tête
Mélancolie

Marie-Lor évoque sur sa photo une grand-mère russe vue à travers un fond de vodka. En réalité c’est une belle jeune femme, dont le travail sur  » l’altération de l’image dans la mémoire  » est à suivre. Son expo personnelle débute sous peu au Cha Yuan. Il y a encore beaucoup de bonnes images sur les cimaises de la galerie Hollevout, dont celle d’un type balèze, non identifié, qui porte un bonnet de rappeur. Si quelqu’un le reconnaît, merci de lui dire que sa photo est floue. Enfin, l’image qu’on préfère, c’est celle de Margo H. avec son bonnet péruvien. Elle a l’air un peu mélancolique sur sa photo. Elle a quinze ans, elle redouble sa troisième et ce n’est pas très marrant. Que la force soit avec toi, Margo. Il y a encore beaucoup de monde, jusque sur le trottoir, quand on quitte la galerie ivre de soupe. Les autoportraits au bonnet chez Hollevout ? Une exposition qui prend la tête, mais en bien.

© Antoine Pecquet